mercredi 24 novembre 2010

Wagner, A. D., & al. (1998). Construction de la mémoire : prédire la mémorisation ou l'oubli d'expérience verbales à partir de l'imagerie cérébrale

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Pourquoi se souvient-on de certaines expériences et pas d'autres ?
Plus le Gyrus Parahippocampique est activé, plus on a de chance de ne pas oublier un souvenir

Les auteurs ont trouvé, via un IRMf, les zones impliquées dans l'encodage et la récupération des souvenirs. Il semblerait que plus un souvenir est encodé avec force par le cortex préfrontal , le cortex temporal et les régions parahippocampiques, plus il a de chance de ne pas être oublié.

L'encodage est le processus par lequel une expérience est transformé en trace mnésique dans le cerveau. Pour bien encoder notamment des mots, il faut avoir comprit le sens de ce qu'on encode (i.e. l'encodage sémantique marche mieux que le non sémantique). Dans ce cas, c'est le cortex préfrontal gauche qui s'active plus. Il s'activera moins si on n'utilise pas cette méthode.
Ils ont également trouvé une implication du cortex temporal médian sur la qualité de la récupération du souvenir ensuite.
Il semble également que les régions parahippocampiques sont plus fortement activées lors d'un stimulus nouveau, qu'on ne connait pas, plutôt que quand on revoit quelque chose de connu. Ces zones sont donc impliquées dans l'encodage de nouvelles informations, peut être même que pour cela.

Méthode
Ils ont utilisé une tâche de processus sémantique (décider si un mot est abstrait ou concret) et une tâche de processus non sémantique (décider si un mot est écrit en majuscules ou en minuscules). La tâche contrôle étant une tâche de fixation.
Ils ont testé 12 sujets, tous droitiers, qui étaient placés dans un IRMf pendant les trois tâches. Ils ont contrôle la nouveauté des mots dans les conditions sémantiques et non sémantique.

Résultats
  • Les temps de réactions étaient plus longs pour les décisions sémantiques (873ms) que pour les décisions non sémantiques (539ms)
  • La mémorisation était meilleure pour les rappels après décision sémantique (85% rappelés) qu'après une décision non sémantique (47% rappelés)
  • Les cortex Préfrontal et Temporal influencent la manière d'encoder une information, mais elles n'entrent pas directement en jeu pour ce qui est de prédire si une information restera en mémoire ou sera oubliée.

Méthode 2
Ils ont donc effectué une seconde expérience, avec 13 sujets droitiers, qu'ils ont mis dans 6 IRMf, correspondant à 6 séries de 120 présentations de mots qu'ils devaient observer et catégoriser sémantiquement en abstrait ou concret (comme dans la première expérience). On les représentaient ensuite aux mots rencontrés et ils devaient noter si c'étaient des mots de l'expérience (et à quel point ils en étaient sûr). La différence avec la première expérience résulte dans le traitement des données IRM: ils ont séparé les données retenues des données oubliées (i.e. Si un mot était retenu, ils revenaient sur le scan qui avait été fait pour ce mot, si un mot était oublié, ils revenaient aux images du moment de ce mot oublié).

Résultats 2
  • En comparant les résultats correctement identifiés avec une bonne certitude et les mots oubliés/ratés, on remarque une plus grande activation dans plusieurs régions préfrontales gauches ainsi que dans les régions parahippocampiques gauche et les gyri fusiformes, pour les mots rappelés correctement. Et ce que ce soit pour les mots concrets comme abstraits.
  • Les mêmes régions ont été activées pour l'encodage des mots plus tard rappelés et oubliés, mais ce qui change, c'est la magnitude d'activation.
Discussion
On leur a reproché de n'avoir pas fixé les temps de réponse, mais même en le faisant, après coup, ils ont retrouvé les mêmes résultats. 

Ce qui fait qu'une expérience verbale est mémorable est en partie l'activation des zones préfrontales gauches, temporales médianes gauches et parahippocampiques gauche. Le gyrus parahippocampique est plus activé lors de l'encodage d'informations qui ne seront pas oubliées. On savait déjà que l'hippocampe jouait un rôle phare dans la mémoire, on en découvre ici un peu plus. 
Les zones préfrontales et parahippocampiques peuvent peut être agir interdépendamment pour permettre aux événements de rester en mémoire. 
Ce qui peut faire varier l'activation de ces zones (et donc la possibilité que l'information reste en mémoire, qu'on ne l'oublie pas) est: ce qu'on demande de faire, les changements de stratégie d'encodage en cours de route par le sujet, les caractéristiques de ce qu'on doit encoder ou encore les modulations de l'attention. 

"Une plus grande participation des processus des zones préfrontales et temporales gauche ainsi que des zones parahippocampiques tendent à produire des expériences plus mémorables"

Source:  Wagner, A. D., Schacter, D. L., Rotte, M., Koutstaal, W., Maril, A., Dale, A. M., Rosen, B. R., Buckner, R. L. (1998). Building Memories: Remembering and Forgetting of Verbal Experiences as Predicted by Brain Activity, in Science, 281, 1188-1191

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