dimanche 10 juillet 2011

Blood & Zatorre (2001). Les réponses émotionnelles positives à la musique corrélées avec l'activité de zones cérébrales impliquées dans la récompense et l'émotion

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L'étude par TEP a révélé les zones cérébrales impliquées dans le plaisir dû à la musique. Il est maintenant montré que l'activité dans les zones impliquées dans l'émotion, la récompense et l'arousal (l'excitation) étaient plus activées au plus on a de frissons à l'écoute d'une musique. Ces zones cérébrales (amygdale, striatum ventral, cerveau médian et cortex préfrontal orbital et ventromédian) sont également activées par les stimuli euphoriques de manière générale (comme la drogue ou le sexe, la nourriture, etc.)

Quand on étudie les émotions, la difficulté principale est d'avoir un indice fiable et objectif du fait qu'il y a bien eu une émotion ressentie. Dans cette étude, ils ont prit le taux de frissons ("chills" en anglais) comme indice fiable de réponse émotionnelle, en demandant aux participants d'amener le morceau qui les faisait le plus frissonner et d'identifier le moment où les frissons apparaissent à chaque fois. On sait déjà que les émotions moyennement plaisante à déplaisantes (une dissonance par exemple) activent les zones suivantes : gyrus parahippocampique, orbitofrontal, subcalloseux, et cortex frontal. Les zones frontales étant plus pour la cognition de la musique, et la perception (avec l'aide des zones temporales droites). 
Des études sur l'homme ont déjà montré que des stimuli qui offrent une récompense (les drogues, la nourriture, le sexe, le chocolat, etc.) provoquent de l'activité cérébrale dans les systèmes de la motivation à la récompense, à l'émotion (limbique) et aux processus d'excitation/éveil (arousal). Cela inclut des zones comme le Noyau Accumbens, l'aire tegmentale ventrale, le thalamus, l'insula, l'hippocampe, l'amygdale, etc. 

Leurs observations ont montré les activations dans les zones suivantes, en réponse aux émotions. La corrélation est faite avec l'intensité des frissons rapportés. Une corrélation positive indique que les zones sont plus activées plus les frissons sont importants, et une corrélation négative indique que les zones le sont moins. 
  • Les corrélations positives d'activation sont dans les zones suivantes (celles en surbrillance), quand on regarde uniquement les musiques amenées par les participants, et où ils ressentent à coup sûr des frissons (s-s music). La partie du haut étant pour les corrélations positives et la partie du bas pour les corrélations négatives.


L'intérêt de cette étude porte sur le fait que les zones activées sont les mêmes que pour des stimuli donnant lui à de la récompense, comme si l'émotion créée par la musique était le but de celle-ci, la récompense à l'écoute serait l'émotion. Les zones de la récompense sont notamment le striatum ventral, le cortex dorso-médian, l'amygdale et l'hippocampe gauche. Quand on dit récompense, on entend alors la valeur hédonique d'une récompense, la motivation à la recevoir et l'apprentissage (la mémorisation) de la récompense, c'est à dire le fait d'associer à la musique sa réponse émotionnelle positive. Les neurotransmetteurs impliqués seraient les opioïdes (comme la naloxone ou le Glutamate, qui a été montrée responsable de la perte de frisson en cas d'absence de récepteurs), l'amygdale étant une zone avec des récepteurs opioïdes, cela est compréhensible, surtout en sachant qu'elle envoi aussi vers les zones frontales, et le reste du circuit de la récompense (Papez).
Le fait que l'amygdale soit moins activée est expliquée dans le sens où l'amygdale est souvent impliquée dans les sentiments de peur et d'aversion, de fuite, hors là il s'agit d'émotions positives et qu'on veut recevoir. La musique fait donc du plaisir non seulement en activant les zones de la récompense, mais aussi en désactivant les zones des émotions négatives. 

En conclusion: écoutez de la musique, ça ne peut que vous faire du bien, même si c'est inutile pour la survie de l'espèce, comme toute autre forme d'art. 


Source : Blood, A. J.,  Zatorre, R. J. (2001). Intensely pleasurable responses to music correlate with activity in brain regions implicated in reward and emotion. PNAS, 98 (20), 11818–11823

1 commentaire :

  1. Bonjour, et merci de nous permettre d'avoir accès à ces articles complets traduits en français...
    Je vous suggère la lecture du passionnant livre de Denis Le Bihan "Le cerveau de cristal"...(à rajouter peut-être dans vos suggestions bibliographiques, s'il vous plaît à vous aussi). Comme il manquait quelques documents dans ce livre, je les ai cherchés sur le net et... suis arrivée jusqu'à votre très intéressant blog.

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