mercredi 22 février 2012

Frantz & Rozencwajg (2010). La catégorisation chez les personnes âgées : le cas des similitudes

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La catégorisation est accessible aux enfants dès 10 ans. Elle peut être soit Taxonomique (du type d'un arbre phylogénétique, c'est à dire pour retrouver la catégorie commune directement supérieure aux items), soit basée plus sur le contexte. Qu'en est-il des personnes âgées ? Est-ce que la catégorisation acquise, elle reste identique tout au long de la vie ensuite ? Non : le déclin des fonctions exécutives (intelligence fluide), et notamment de l'inhibition, empêchent les personnes âgées de catégoriser les mots aussi bien que les jeunes. 

La catégorisation permet d'associer des objets ou des concepts entre eux. Il y a deux grands types de catégorisation : Taxonomique (appartenance à une catégorie sur-ordonnée ; ex : l'arbre phylogénétique) et Thématique (liens contextuels ou temporels ; ex : le lait et le café sont au petit déjeuner). De manière, on associe plus les objets ou les concepts selon la thématique, et ce de plus en plus avec l'âge.

Les tâches de similitudes impliquent deux aptitudes :
- Le vocabulaire : il faut connaître les mots, leur sens, leur catégories, etc.
- L'inhibition cognitive : car on a dit que naturellement, on a tendance à catégoriser de manière thématique, alors qu'on demande une catégorisation taxonomique dans ce test, il faut donc inhiber la réponse intuitive et activer la réponse apprise plus tardivement (taxonomique). L'inhibition fait partie des fonctions exécutives gérées par le cortex préfrontal.

On sait que les fonction exécutives, et donc l'inhibition, déclinent avec le vieillissement, même normal, de manière assez rapide.

Les résultats de cette étude montrent bien que les jeunes sont avantagés dans le test de similitude par rapport aux personnes âgées (sauf pour les mots concrets, où jeunes et âgés sont aux performances maximales). Les jeunes et les âgés n'avaient pourtant pas de vocabulaire, la différence de résultats doit donc être imputée au déclin de l'inhibition cognitive. Cette hypothèse a été prouvée ensuite par des tests mesurant les performances d'inhibition directement (Stroop et TMT). 


Source : Frantz, B., & Rozencwajg, P. (2008). Vieillissement cognitif et catégorisation : le cas des similitudes. 18ème Journées Internationales de Psychologie Différentielle, Université de Genève, 27-29 août 2008. CA.

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